Collèges, mornes plaines…

Les temps ne sont vraiment pas roses pour les collégiens. Mauvaises nouvelles en perspective.

Pousser les murs ? A trop tirer sur le corde, elle finit par se rompre.

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Ni bons ni mauvais…

Il y a eu il y a de cela une quinzaine de jours une convention sur l’Éducation, organisée par Vincent Peillon, l’un des chefs de file d’Espoir à Gauche.  Marielle de Sarnez est intervenue à ce colloque, il y a eu quelques échos.

J’aurais aimé que l’on aborde un thème rarement évoqué, sauf sous forme caricaturale : le langage que nous utilisons pour qualifier nos élèves. J’ai toujours été choqué, en conseil de classe, mais également de la part des parents ou des élèves eux-mêmes, de les entendre se déclarer « bons » ou « mauvais » élèves. Cela me gêne beaucoup : bon ou mauvais, cela renvoie à un jugement moral. On peut dire qu’un élève est en difficultés ou non, mais qui peut dire s’il est bon ou mauvais ? Que connaissons-nous de sa vie privée ? Peu de choses, en vérité.

Dans un autre ordre d’idées : pourquoi s’obstine-t-on à dire que l’on oriente des élèves en BEP alors que la dénomination exacte de la classe vers laquelle on les envoie alors est Seconde professionnelle ? Une seconde professionnelle, c’est avant tout une seconde. Les mots sont importants. On ne réhabilitera pas les parcours professionnels si on commence par les opposer frontalement aux parcours généraux.

J’ai eu l’occasion de corriger des copies de brevet de troisième professionnelle, et j’ai été impressionné par la solidité de leurs connaissances grammaticales et la qualité de leur français.

Il y avait autrefois (ils existent encore, d’ailleurs) les Compagnons de France, dans le domaine de l’artisanat. Pourquoi ne pas créer des filières professionnelles avec un label de qualité comparable ? Des écoles telles que Ferrandi ou Boule, ont largement ouvert la voie ; il reste, désormais, à l’emprunter, et à en généraliser le principe dans tous les domaines professionnels. Que l’on songe que l’école Ferrandi a une réputation internationale, au point que des étudiants viennent des quatre coins du monde pour y apprendre l’art de la gastronomie. Il faut, je le crois, généraliser des Ferrandi dans tous les domaines de l’artisanat.

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Internet face à la grippe A

De jour en jour, la pandémie grippale se précise et s’accentue en France. On sait déjà qu’elle désorganisera les circuits économiques, la vie sociale et les services publics. De longue date, l’immense champ du possible que constituent Internet et toutes les technologies qui permettent d’y accéder, fait l’objet de toutes les spéculations.

Le télé-travail revient régulièrement dans les discussions, mais c’est surtout au sein de l’Éducation Nationale que, depuis 20 ans, le Ministère dans un premier temps, mais les Conseils Généraux et Régionaux surtout, désormais, essaient de développer l’usage des nouvelles technologies dans l’enseignement.

Alors l’école peut-elle faire face à sa propre fermeture en cas de pandémie ?

En réalité, les situations sont très diverses. Au cours du mois de novembre 2008 j’écoutais Isabelle Balkany s’exprimer sur l’équipement des collèges lors d’un colloque sur le numérique dans les Hauts de Seine. Et voici quelle était sa position : plutôt que d’équiper uniformément les établissements scolaires sur tout le département, elle préférait adapter la dotation au développement des usages dans chaque collège. Et elle observait que ce développement, dans un établissement, pouvait prendre son essor ou s’arrêter du jour au lendemain, au hasard d’une mutation ou d’une arrivée. Fine connaissance du terrain, en effet. Les situations seront donc très diverses, et elles dépendront également beaucoup des bonnes volontés.

Pour autant qu’il m’en souvienne, c’est François Bayrou le premier qui a placé l’enseignement des nouvelles technologies dans les programmes scolaires, en 1995. C’est d’ailleurs de cette période que date leur prodigieux développement dans l’enseignement et la propagation de cours en ligne, d’exercices inter-actifs et de documents de toute sorte sur Internet.

Je me suis spécialisé assez rapidement dans l’enseignement du grec et du latin sur support informatique en usant de toutes les possibilités d’internet : newsgroups d’abord, chat (msn messenger), wiki modifiable pour les élèves, listes de diffusion, blog, et même 3D avec Second Life. J’ai à peu près tout expérimenté…

En fait, la principale difficulté, à l’heure actuelle, c’est de parvenir à regrouper la communauté scolaire d’un établissement autour d’un îlot au milieu de la mer électronique. Idéalement, le site du collège, mais, à ce que je constate, il ne joue presque jamais ce rôle, se contentant d’être un relais d’informations pas toujours à jour de surcroît.

Il faudrait au contraire qu’il devienne le coeur de l’établissement, un double virtuel du collège, où pourraient se retrouver parents, élèves, professeurs, personnels techniques et administratifs. Libre à chaque établissement de penser ensuite l’organisation du site. Mais, chaque site devrait comporter des zones d’échange synchrones et asynchrones afin de permettre communications de groupe et communications individuelles.

Second Life ou toute solution libre et suffisamment sophistiquée pour une école en 3D (c’est à dire nettement plus développée qu’un Lively, par exemple)  sont encore un vieux pieux, mais des chambres de chat avec possibilité de bannir, de limiter le nombre de participants, de dissocier message instantanés personnels et messages instantanés de groupe  et partage collectif de documents seraient un très bon début.

D’une certaine manière, la pandémie et les risques qu’elle fait peser sur l’école offrent une opportunité inédite pour repenser l’école entre les murs telle qu’on l’a considérée jusqu’à nos jours, et développer de nouvelles formes d’enseignement.

Finalement, l’école pourrait continuer à exister en tant qu’entité, mais , tout en demeurant homogène, deviendrait une entité exportable et mobile, principalement sur la Toile, sorte de  nouveau nexus pour rencontres électroniques.

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Bertrand Delanoë piétine le Musée en Herbe

J’ai appris par la presse les déboires du Musée en Herbe. Comme c’est une association à laquelle je m’intéresse depuis longtemps, que je trouve son savoir-faire et son projet pédagogique tout à fait uniques en leur genre, je n’ai pu demeurer insensible à leur malheur.Je ne comprends pas quels étranges raisonnements ont amené les services culturels de la Mairie de Paris à considérer que cette malheureuse association n’était plus digne de loger dans les murs de Paris. J’appelle donc le maire de Paris, Bertrand Delanoë à reconsidérer son point de vue, et lui adresse, en même temps que nos élus ce communiqué que nous avons écrit d’un commun accord. Il devrait en principe être transmis à l’AFP et à quelques autres organes de presse :

Le Mouvement Démocrate de Paris exprime son incompréhension et sa réprobation de la décision de la part de la Ville de Paris de ne pas reconduire de subvention au Musée en Herbe. Après la suppression d’un espace de 11 000 m2 au Jardin d’Acclimatation en 2008, c’est un nouveau coup porté aux loisirs et à la culture pour l’enfance à Paris. En effet, sans subvention de la mairie de Paris, la mort programmée du Musée en Herbe est assurée à très court terme, c’est à dire d’ici la fin du mois de juillet. C’est ainsi faire peu cas d’une expérience pédagogique unique (il n’existe aucune autre sorte de musée consacré ainsi spécifiquement aux enfants en île de France) et de toute son équipe qui se retrouvera du jour au lendemain au chômage.
Le Mouvement Démocrate s’étonne des reproches adressés à la direction du musée par les services culturels de la mairie de Paris : Laurence Engel, Christophe Girard et Bertand Delanoë reprochent au Musée en Herbe d’accueillir un public scolaire de banlieue trop important ! Dans l’optique du Grand Paris, la municipalité devrait se réjouir de ce rayonnement de bon augure qui montre que le Musée en Herbe contribue à l’attractivité de Paris.
Le Mouvement Démocrate rappelle à Bertrand Delanoë, le maire de Paris, que la municipalité ne peut décider unilatéralement de revenir sur une subvention accordée sans en avoir avisé le Conseil de Paris. Les élus démocrates demandent donc au Maire de surseoir à sa décision et de placer la question de la survie du Musée en Herbe à l’ordre du jour du prochain Conseil de Paris.


Pour le Mouvement Démocrate, Marielle de Sarnez, Conseillère de Paris, Béatrice Lecouturier (conseillère du 16ème arrondissement), Robin Delisle (pôle culture du Mouvement Démocrate), Armand Hennon, vice-président du Mouvement Démocrate de Paris.

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Second Life, alternative face au virus H1N1

On lisait, chez l’hérétique, il y a 15 jours, une mise en garde : le virus H1N1 arriverait bientôt dans les écoles. Force est de constater que la prédiction s’est avérée juste. A Paris, 4 écoles ont été touchées, d’autres dans les Hauts de Seine, dont certains pas encore publics. Dans une agglomération d’une telle taille, pour peu que le virus soit prégnant et contagieux, la propagation ne peut être que foudroyante.

Traditionnellement, l’été n’est pas favorable au virus et pourtant, il faut voir avec quelle rapidité il touche les élèves d’une classe dès lors que l’un d’entre eux est contaminé.

Le virus H1N1 n’est pour l’instant, guère plus létal que notre grippe européenne habituelle : un taux de mortalité de 2 à 3 pour mille contre 1 pour mille. Observons que cela donne un taux tout de même trois fois supérieur…!

Il se trouve que je suis membre du Comité d’Hygiène et de Sécurité de mon établissement scolaire, et que, bien évidemment, nous avons abordé les mesures concrètes à prendre en cas de pandémie.

Il existe plusieurs scénarios possible pour ce virus, actuellement 1/4 porcin, 2/4 humain et 1/4 aviaire. Soit il disparaît pendant l’été (on l’espère, mais on n’y croit guère), soit il mute vers le forme porcine et se montre alors très contagieux mais pas dangereux, soit il tourne à la grippe traditionnelle, soit il mute vers la forme aviaire et dans ce cas, il est mortel dans 50% des cas mais pas contagieux, soit, et c’est la pire des issues, il combine l’aviaire et le porcin et devient alors contagieux et mortel. Dans ce dernier cas, nous aurions alors un dramatique scénario de grippe espagnole au sortir de la Grande Guerre.

Il est évident que pour limiter les possibilités de contagion, les déplacements et les rassemblements en nombre vont être déconseillés. Il faudra donc favoriser, si possible, le travail à distance. Et c’est là où Second Life pourrait jouer un rôle intéressant, en plate-forme complémentaire aux forums, courriels, listes de diffusions ou chats.

Ce monde virtuel offre l’avantage de proposer des représentations tridimensionnelles des objets et des êtres avec une large palette d’inter-actions. Il faut certes une connexion internet haut-débit et un ordinateur relativement récent (moins de 6 ans) mais cela se généralise au sein de la population scolaire, et on pourrait imaginer des regroupements entre élèves voisins par binôme ou trinôme en cas de besoin.

Un avatar ne peut se subsituer entièrement à un être de chair et d’os, bien sûr, mais, ce simulacre offre certainement plus de réalité, en dépit de sa virtualité, qu’une monote page web. Or, dans l’enseignement à distance, c’est souvent cette réalité qui fait défaut et qui peut expliquer certaines démotivations.

J’expérimente moi-même le principe depuis deux années, et, depuis la publication d’un article dans la revue du CNDP, les Dossiers de l’ingénierie éducative, Linden Labs a doté Second Life d’un module voix complétant fort efficacement le dispositif.

La 3D  inter-active est l’avenir du web, même si elle tarde à se mettre en place. Tôt ou tard, nous y viendrons. J’ai le sentiment qu’elle pourrait présenter un très grand intérêt pour toutes les situations d’enseignement où un professeur ne peut assurer ses cours en présence de ses étudiants. Le concept pourrait par exemple être utilisé lors des occupations des universités, afin que les étudiants ne perdent pas leur année. Il y a là, je l’espère, une idée pleine d’avenir. J’espère que le Mouvement Démocrate saura s’intéresser à cette problématique via le travail de ses commissions thématiques.

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